PARIS (AFP) Lundi 14 Avril
Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, a dénoncé lundi une “manoeuvre” de “l’Elysée” pour “déstabiliser” le MoDem, et annoncé une consultation des adhérents “avant l’été” sur la stratégie du parti.

“Depuis quelques jours nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme internes” au MoDem “n’avaient en réalité pas grand chose de spontané”, et qu’ils étaient “dirigés et agités de l’extérieur, pour parler clairement, de l’Elysée”, a lancé M. Bayrou dans une déclaration au siège du MoDem.
“On attendait du président de la République” qu’il “s’occupe de l’essentiel pour le pays (…). L’intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n’est pas cela que l’on attend des gouvernants en démocratie, surtout” de la part de “ceux qui affirmaient vouloir construire une démocratie exemplaire”, a assuré l’ex-candidat à l’Elysée.
Le président du MoDem a affirmé qu’il allait “conduire sans faiblir la contre-attaque contre ces manoeuvres”, et annoncé qu’il avait “décidé d’en appeler aux adhérents, aux militants et aux sympathisants du Mouvement démocrate”.
“C’est l’heure de la grande clarification”, a-t-il dit.
“Je vais soumettre aux suffrages des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté”, et “j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents”, a-t-il poursuivi.
“Cette clarification devra être accomplie avant l’été”, a précisé le député béarnais.
Les “conditions” de la consultation seront fixées “le 26 avril devant ceux qui ont porté nos couleurs aux élections municipales” et “le 14 mai devant notre conseil national”, a-t-il détaillé.
“Je n’accepterai plus ni manoeuvre interne ni déstabilisation externe, ni le bazar”, a-t-il prévenu.
M. Bayrou a indiqué que “si les adhérents ne (le) suivaient pas”, il cesserait “évidemment” d’exercer ses fonctions à la tête du parti.
A propos d’éventuelles exclusions, il a affirmé que “chacun devra dire s’il est en accord avec le vote des adhérents, ou si au contraire il estime devoir choisir un autre chemin”.
Cette mise au point intervient alors que le leader centriste est la cible d’attaques venant aussi bien de ses ex-compagnons de route que de la majorité présidentielle. Début avril, l’ancien ministre Jean Arthuis, sénateur de Mayenne, annonçait ainsi qu’il claquait la porte du MoDem, devenu “inaudible” selon lui.
Les élections municipales de mars se sont avérées très difficiles pour le MoDem avec notamment la défaite de M. Bayrou à Pau et une seule élue au conseil de Paris, Marielle de Sarnez.
Ces mauvais résultats avaient donné lieu à de vives critiques au sein du parti, démontrant selon certains parlementaires l’”échec” de sa stratégie d’indépendance.
A la demande de plusieurs élus, déçus du MoDem et voulant “faire revivre” l’UDF, une réunion du bureau de l’UDF est prévue mercredi soir.
Pa railleurs, la publication jeudi dernier par le journal Le Monde d’une “note de synthèse” sur M. Bayrou, rédigée par l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy, a suscité un grand émoi en interne, à en juger par les blogs des adhérents internautes.